Parce que son corps se transforme très rapidement, l'adolescent a besoin de manger davantage. Mais on ne mange pas seulement pour fournir de l'énergie à son organisme. Comme pour tout un chacun, le comportement alimentaire de l'adolescent n'est qu'un aspect du mode de vie. Pour se nourrir correctement, il n'a pas à recevoir d'éducation nutritionnelle particulière, il doit surtout se sentir bien dans sa peau. Car l'alimentation peut devenir pour lui un moyen d'exprimer ses angoisses, ou d'attirer l'attention de ses proches.

Quels besoins ?

En cinq années de puberté, une fille grandit en moyenne de 23,5 centimètres et prend quelque 21 kg, dont 12 kg de muscles (masse maigre) et 9 kg de masse grasse. Cette proportion importante de masse grasse correspond à une réserve énergétique indispensable en cas de grossesse. Le garçon, lui, grossit de 26 kg en moyenne, dont seulement 3 kg de masse grasse et 23 kg de masse maigre. Il grandit de 26 centimètres environ. L'alimentation doit lui fournir quelque 3 000 calories par jour, ce qui correspond, chez les adultes, à la ration d'un travailleur de force ! De récentes enquêtes réalisées auprès des adolescents français, par exemple, indiquent que, du point de vue quantitatif, les besoins alimentaires sont comblés chez presque tous les garçons. En revanche, ils ne sont satisfaits que chez 70 % des filles, nombre d'adolescentes ayant à cœur de surveiller leur ligne.

• Un équilibre à conserver

Du point de vue qualitatif, la proportion à respecter entre les graisses (lipides), les protéines (protides) et les sucres (glucides) est la même que l'on soit adolescent, enfant ou adulte. Les graisses doivent fournir 30 à 35 % de l'apport calorique, les protéines, 12 à 14 % et les sucres, 50 à 58 %. Les sucres se répartissent en deux catégories : les uns ont un goût sucré et sont assimilés rapidement par l'organisme ; les autres se trouvent dans les féculents et font l'objet d'une assimilation lente. Les féculents doivent assurer la quasi-totalité de l'apport en glucides. Pourtant, les adolescentes ont tendance à s'en priver dès qu'apparaissent les premières rondeurs de la puberté. Elles compensent en grignotant fréquemment des sucreries, soit des sucres rapides, qui ne devraient pas dépasser 15 % de la ration calorique quotidienne. Vous ne le répéterez jamais assez à votre fille, les aliments riches en glucides lents ne font pas grossir : mieux vaut consommer riz complet ou lentilles que trois barres chocolatées à l'intercours !

• D'éventuelles carences en fer ou en calcium

L'alimentation doit aussi couvrir les besoins en sels minéraux et en vitamines. Les carences en fer et en calcium se rencontrent assez fréquemment chez les adolescents.

Le fer, élément constitutif des globules rouges, est un minéral difficilement absorbé par l'organisme, surtout lorsqu'il est d'origine végétale. Popeye n'est donc pas le meilleur exemple à suivre : le foie, la viande et les légumes secs contiennent davantage de fer que les épinards. Les filles sont plus exposées que les garçons à une éventuelle carence en fer, du fait de leurs pertes de sang lors des règles. Une telle carence pourra être corrigée par un traite¬ment simple mais assez long en raison de la faible absorption naturelle de ce minéral par l'organisme.

Le calcium, lui, se trouve principalement dans les produits laitiers. L'adolescent doit en consommer quelque 1 200 mg par jour, soit une quantité bien plus élevée que celle nécessaire à l'enfant ou à l'adulte. Les enquêtes alimentaires révèlent cependant que l'apport en calcium est correctement assuré dès lors que l'adolescent prend un petit déjeuner assez copieux : un quart des besoins quotidiens.

Quel comportement?

La puberté modifie indéniablement les besoins alimentaires des adolescents. Mais les parents les mieux informés à cet égard ne sont pas, pour autant, en mesure de garantir à leur enfant une alimentation saine et équilibrée. Il y a deux raisons principales à cela : l'adolescent prend de plus en plus ses repas à l'extérieur, et devient facilement un adepte de la restauration rapide. Par ailleurs, l'adolescent peut adopter un comportement de refus dans le domaine de l'alimentation comme dans bien d'autres. La mode actuelle, qui privilégie les silhouettes minces, sportives, et vante les mérites de la diététique ou des plats allégés, ne crée sans doute pas un climat très serein pour des adolescents déjà suffisamment préoccupés par les transformations que subit leur corps. L'augmentation, dans notre société, des troubles alimentaires tels que l'anorexie ou la boulimie devrait pourtant faire réfléchir.

• Éviter le conflit

Comment aider l'adolescent à conserver un équilibre nutritionnel satisfaisant? Les parents savent bien que ressasser les mêmes conseils à leur grand fils ou à leur grande fille risque de provoquer plutôt le rejet que l'adhésion. Cela n'empêche pas, en revanche, de fournir un maximum d'informations diététiques !

En tout état de cause, le conflit n'est pas une solution. Avant d'intervenir, les parents se demanderont si la dégradation des habitudes alimentaires de l'adolescent fait, ou non, écho à d'autres changements de comportements. Qu'en est-il du sommeil, des relations amicales, des activités extrascolaires ? Si l'adolescent apparaît déstabilisé dans plusieurs domaines, les parents peuvent lui signifier, sous forme de remarques étonnées ou d'interrogations, qu'ils ont l'impression qu'il se passe quelque chose. Leur attitude appellera ainsi plus aisément une réponse de l'adolescent, là où la remontrance n'engendre souvent qu'un mutisme obstiné. Si le blocage semble total, il peut être utile de recourir aux conseils d'une tierce personne.