Ce trouble peut se manifester à l'une des différentes phases d'acquisition de la lecture : l'enfant, par exemple, ne dépasse pas le stade de la lecture logographique et ne parvient pas à maîtriser la lecture alphabétique phonologique.

Parfois, il assimile la lecture phonologique mais n'accède pas à la lecture orthographique. Dans certains cas, ce trouble, appelé dyslexie dysorthographie, apparaît seulement la deuxième année : l'enfant lit relative¬ment bien, mais lentement. Il fait des erreurs de déchiffrage, surtout lorsque le texte est long, et éprouve des difficultés à comprendre ce qu'il lit.

Parallèlement, il rencontre des problèmes en orthographe, qui témoignent non seulement d'une mauvaise assimilation des règles grammaticales mais encore d'un défaut de reconnaissance des sons. Certaines fautes, repérables dans une dictée, sont à cet égard révélatrices. Ainsi, les erreurs de sons : «pavar» pour «bavard», «marge» pour « marché » ; les erreurs de coupure : « les gumes » pour «légumes», «l’odeur» pour «l'odeur»; les erreurs sur ce que l'on appelle les homophones, parce que leur prononciation ne les distingue pas : «ses» pour «ces» ou «c'est»; la confusion des catégories grammaticales : la terminaison «ent» employée pour le pluriel des adjectifs et inversement « s » pour le pluriel des verbes.

L'enfant dyslexique dysorthographique est perdu dans le sens de la phrase, il enchaîne sans logique des suites de mots ou de syllabes, écrit par exemple «il et tes » au lieu de «il était». Il confond les genres et les nombres.

Quelles sont les causes de la dyslexie ?

On ne connaît pas encore précisément l'origine de ces troubles. Certains chercheurs pensent qu'ils sont liés à l'existence d'anomalies microscopiques de certaines régions du cerveau. D'autres y voient avant tout une anomalie génétique, d'autres encore estiment qu'ils sont essentiellement dus à des difficultés psychologiques. Le sujet est donc loin de faire l'unanimité. On constate simplement que la dyslexie dysorthographie atteint plus souvent les garçons que les filles, se rencontre davantage chez les enfants qui ont eu un retard dans le développement du langage oral et chez ceux dont les parents» ont eux-mêmes connu des difficultés similaires.