D'OÙ VIENT QUE L'ON EST DROITIER OU GAUCHER ?

Encore aujourd'hui, il semble bien que les avis soient partagés. La dimension héréditaire ne fait guère de doute. Un enfant dont les deux parents sont gauchers a 46 % de chances de l'être également, alors que cette proportion n'est que de 10 % si les deux parents sont droitiers. L'éducation et l'imitation jouent probablement un rôle également. Quant au fonctionnement des hémisphères cérébraux en lien avec la main dominante, c'est un domaine qui réserve encore bien des découvertes. Ce dont on est sûr pour l'instant, c'est que le cerveau, en se développant, accorde une place prépondérante à l'une ou l'autre main, dans l'un ou l'autre hémisphère. Mais le cerveau fonctionne comme un tout, et la latéralité est une fonction extrêmement complexe.

COMMENT REPÉRER L'ENFANT GAUCHER

Des situations floues

Certains enfants se déterminent très tôt. Dès les premiers mois, ils se servent de manière préférentielle d'une de leurs mains. Si vous placez un cube dans la main droite d'un bébé qui n'aime que sa main gauche, il va vite apprendre à le passer d'une main dans l'autre. Mais :

Certains enfants mettent longtemps à se déterminer. Vers quatre ans, il existe encore 40 % des enfants qui ne sont pas nettement latéralités. Parmi ceux-là, certains resteront ambidextres, alors que d'autres vont finir par choisir une main dominante. L'enfant ambidextre peut se servir alternativement de ses deux mains, ou bien les distinguer pour des tâches différentes.

Certains enfants ne sont pas globalement droitiers ou gauchers : ils utilisent la main droite pour dessiner mais le pied gauche pour taper dans un ballon, par exemple.

Pour détecter précocement un gaucher

Malgré tout, il existe quelques petits exercices permettant de repérer le côté dominant de l'enfant. Sa main dominante n'est pas tant celle qu'il va utiliser le plus souvent que celle dont il va se servir pour des tâches de précision. On obtient une indication en demandant à l'enfant de dessiner en suivant un trait, de découper avec des ciseaux ou de poser un objet en équilibre. Pour savoir quel est le pied ou l'œil dominant, on demande à l'enfant de taper dans un ballon qu'on lui envoie dans les jambes ou de regarder à travers un petit trou fait dans une feuille de papier. Pour l'oreille, on lui demande d'approcher une montre ou un compte-minutes de son oreille pour en entendre le tic-tac.

Trouver sa « bonne » main

Les années de maternelle sont celles où il va falloir que l'enfant détermine la main avec laquelle il va apprendre à écrire. Au début de cet apprentissage, le choix de la main doit se faire avec évidence, ce qui n'est pas le cas pour tous les enfants. À cinq ou six ans, il n'est plus temps d'hésiter entre ses deux mains.

C'est pourquoi les parents doivent être particulièrement attentifs. Le choix de la main dominante engage toute la vie et peut être lourd de conséquences. Pour aider l'enfant qui ne parvient pas à se déterminer, afin de s'entourer de toutes les précautions nécessaires, il peut se révéler très utile de consulter un psychologue pour enfants ou un orthophoniste, qui fera l'examen nécessaire et saura vous conseiller sur le choix le plus pertinent. Finalement, si l'enfant hésite encore vers quatre ou cinq ans, c'est la main avec laquelle il est le plus à l'aise qui doit primer, que les parents vont devoir encourager.

QUE FAIRE ?

Plus personne ne conseille aujourd'hui de contrarier un enfant gaucher. On sait que la gaucherie est le reflet d'une structure neurologique qui s'établit progressivement. S'opposer à la dominance hémisphérique cérébrale peut être source de troubles pour l'enfant. On a parfois mis sur le compte d'une gaucherie contrariée des difficultés de lecture ou d'écriture, une maladresse corporelle, etc. À l'inverse, être gaucher n'a jamais empêché personne de faire d'excellentes études et réussir parfaitement dans la vie. Il n'y a donc pas de « bonne main » dans l'absolu, il n'y a que la main avec laquelle l'enfant va se sentir à l'aise. Dans le cas d'un enfant véritablement ambidextre, qui le resterait encore vers quatre ou cinq ans, qui ne répugnerait pas à se servir de son côté droit, s'il a par ailleurs un développement normal et équilibré, il n'y a aucun risque à lui suggérer d'utiliser systématiquement sa main droite pour tenir ses crayons, tout en le laissant parfaitement libre d'utiliser la gauche pour les autres activités.