Jumeaux et triplés

DE TOUT TEMPS, CES QROSSESSES ONT ETONNE. Selon les civilisations, elles étaient la manifestation d'un don de Dieu ou de sa défiance. Aujourd'hui, la superstition a laissé place à la curiosité des chercheurs.

Relativement rares:

En France, le taux de naissances gémellaires est passé de 9,4 pour 1000 en 1970 à 12,5 pour 1000 en 2015 et le taux de triplés a été multiplié par 3. Phénomène que l'on retrouve aux États-Unis, en Australie et au Japon. Les grossesses multiples sont une exception pour l'espèce humaine. En effet, I grossesse sur 80 est gémellaire. 1 naissance est triple pour 100 naissances gémellaires et I naissance est quadruple pour 95 naissances triples.

Des facteurs favorisants

Ils sont connus depuis longtemps. Ainsi, bon nombre de ces grossesses s'observent chez les mères entre 35 et 40 ans, notamment si elles sont de groupe sanguin AB. Elles sont fréquentes aussi lorsque la conception survient dans les mois qui suivent l'arrêt de la pilule. Bien sûr, les antécédents familiaux pèsent pour beaucoup et il existe des familles « à jumeaux». La transmission génétique se ferait par la mère et de manière récessive. Il semble que la race ait aussi une influence.

Ainsi, aux États-Unis, les couples de couleur ont 1.5 fois plus de jumeaux que les couples blancs et, dans certaines régions d'Afrique, on constate des taux de naissances gémellaires pouvant aller jusqu'à 5 %. À l'inverse, les peuples asiatiques connaissent, eux. très peu de naissances multiples.

Le climat semble aussi apporter des modifications : il y a davantage de jumeaux dans le Nord de l'Europe que dans le Sud. À ces facteurs s'ajoute aujourd'hui la stimulation ovarienne par médication dans le cas de certaines stérilités. Les traitements hormonaux peuvent provoquer réclusion de deux ou plusieurs ovules qui sont fécondés ensemble. On estime que. dans ce cas, 10 à 25 % des grossesses sont gémellaires.

La fécondation in vitro entraîne 20 % environ de naissances multiples. Aujourd'hui, en France, les traitements de mieux en mieux dosés évitent la production d'ovules en grand nombre à l'origine de grossesses difficiles. Pour obtenir plus de chances de réussite, il est habituel d'implanter deux embryons, rarement plus afin d'éviter la réduction embryonnaire. Ainsi, les jumeaux sont de plus en plus nombreux au détriment des triplés et des quadruplés en raison d'une meilleure maîtrise des techniques de PMA.

Les « faux » jumeaux:

Les grossesses dizygotes représentent plus des deux tiers des grossesses gémellaires. Les bébés sont le résultat de la fécondation de deux ovules par deux spermatozoïdes, très souvent au cours du même rapport sexuel.

Les deux embryons se développent côte à côte et chacun a ses annexes, ses membranes et son propre placenta. Il n'y a aucune communication entre eux. Ces enfants n'ont pas obligatoirement le même sexe et se ressemblent simplement comme frère et sœur. Certains scientifiques pensent parfois, devant la différence de développement in utero de deux jumeaux, qu'ils ont été conçus à quelques jours d'intervalle, d'autres pensent même qu'ils peuvent avoir un mois d'écart, la première grossesse n'ayant pas bloqué le fonctionnement des ovaires. Aucune preuve scientifique n'a pour l'instant étayé leurs hypothèse.

Les « vrais » jumeaux:

Les grossesses monozygotes sont beaucoup plus rares et représentent un tiers des cas. Les enfants sont issus de la fécondation d'un seul ovule par un unique spermatozoïde. Cet œuf va se diviser en deux sans que l'on sache pourquoi et à quel moment exactement.

Ce qui est sûr, c'est que cette division doit se faire avant le 15e jour qui suit la fécondation. Il semble que ce moment ait une importance sur l'installation de l'œuf dans la paroi utérine. Selon le cas, chaque œuf a ses propres annexes, ses propres membranes et son propre placenta. Mais il se peut aussi que les embryons ne se nourrissent que sur un seul placenta. Ils peuvent avoir chacun leur amnios ou, au contraire, se développer dans le même sac amniotique.

Les annexes communes posent parfois des problèmes de circulation, l'un des jumeaux recevant plus de sang que l'autre. Le jumeau « transfusé » risque de recevoir trop de sang et de souffrir d'insuffisance cardiaque, alors que le jumeau « transfuseur» peut manquer d'apport sanguin, risquant ainsi une anémie et une hypotrophie.

Les « vrais » jumeaux sont, bien sûr, du même sexe et se ressemblent presque à l'identique puisqu'ils ont le même patrimoine génétique. Leurs empreintes digitales sont presque superposables et ils ont souvent les mêmes capacités intellectuelles, les mêmes goûts, la même prédisposition à certaines maladies et. toute leur vie, resteront profondément attachés l'un à l'autre. Mais leur comportement va dépendre, outre l'hérédité, de la façon dont vous allez les élever. Sachez que, de manière surprenante, l'état civil institue un aîné dans les familles d'enfants multiples. C'est le premier-né qui assume ce rôle puisqu'il a vu le jour avant tous les autres.