L'expression a été adoptée par les médecins pour faire la différence entre les grossesses qui évoluent de la façon la plus normale on serait tenté de dire la plus banale et celles qui, pour une raison ou une autre, doivent faire l'objet d'une surveillance plus attentive et parfois d'examens spéciaux.

Pourquoi une grossesse est-elle dite « à risques » ?

• L'âge de la femme enceinte.

C'est un élément important à considérer. Lorsqu'elles attendent un enfant, les très jeûne femmes notamment les adolescentes avant seize ans - voient certains risques augmenter par rapport aux femmes plus âgées qu'elles : fréquence des toxémies (multipliée par 3), accouchement prématuré (multiplié par 2), morbidité et mortalité périnatale (multipliées par 2 à 3). Certaines circonstances expliquent en partie ces accidents : grossesse d'abord refusée et cachée aussi longtemps que possible, d'où retard dans la déclaration et mauvaise surveillance : célibat et statut socio-économique défavorable, d'où malnutrition et activité professionnelle trop longtemps poursuivie, etc. Mais quand l'adolescente est bien prise en charge par sa famille et bien entourée affectivement, on observe une nette diminution des complications. Et l'accouchement est généralement normal.

Après 58 40 ans, la grossesse implique une surveillance particulière.

• Le nombre des grossesses précédentes.

Avoir eu plusieurs enfants peut également vous faire classer dans les grossesses à surveiller spécialement. A partir du quatrième accouchement, il y a risque de présentations anormales et d'accouchement plus difficile, car l'utérus peut avoir perdu une parue de son tonus et de sa contractilité. De même, les hémorragies de la délivrance sont plus fréquentes. A ces risques peuvent s'ajouter ceux dus à un âge relativement plus élevé. Enfin, et surtout si ses précédentes grossesses se sont déroulées normalement, la future mère qui attend son quatrième ou cinquième enfant a tendance à être moins attentive dans ses précautions d'hygiène de vie et dans la surveillance de sa grossesse.

• Les grossesses antérieures.

Il est évident que si des accidents sont survenus lors des grossesses ou accouchements antérieurs, le médecin effectuera une surveillance plus grande. Il en est ainsi des avortements à répétition ou des accouchements prématurés, des complications pendant la grossesse (toxémie. hémorragies par exemple), des accouchements difficiles ou terminés par une césarienne, des enfants mort-nés ou mal formés.

• La grossesse après un traitement pour stérilité.

C'est une grossesse considérée comme particulièrement précieuse, d'autant plus que le traitement a été plus long ou délicat (fécondation in vitro par exemple). Bien que vous ayez, toute chance de mener cette grossesse à son tenue, sans ennui particulier, il est facile de comprendre que le médecin vous conseillera, au moins au début, un repos un peu plus important, une surveillance un peu plus fréquente (échographiques. dosages hormonaux) et parfois un traitement hormonal.

• Les grossesses après Distilbène.

Entre les années 50 et 70, le Distilbène (qui est une hormone) a été prescrit à un certain nombre de femmes enceintes comme traitement préventif des fausses couches spontanées. On sait maintenant que ce traitement était non seulement inefficace, mais dangereux, car susceptible de provoquer des malformations de l'appareil génital cher les fœtus féminins. On estime qu'il y a aujourd'hui en France 80 000 femmes dont les mères ont pris du Distilbène. Heureusement, le plus souvent le traitement n'a eu aucune conséquence néfaste sur les enfants qui sont nés. .Mais chez certaines femmes (dont les mères avaient pris du distilbène), il existe un risque de fausses couches, de grossesses extra-utérines, d'accouchements prématurés ou de difficultés lors de l'accouchement.

Ainsi une surveillance particulièrement stricte s'impose. La nécessité d'un cerclage du col, d'une réduction de l’activité, voire d'un repos au lit, peut se discuter.

• Les conditions socio-économiques.

Elles jouent un rôle incontestable : la mortalité périnatale est deux fois plus élevée dans les classes sociales les plus défavorisées. De nombreux facteurs se conjuguent pour expliquer ce que nous montrent les statistiques. Ainsi, un budget familial modeste peut contraindre une femme à poursuivre pendant sa grossesse un travail pénible ou nécessitant île longs trajets par les transports en commun. Si cette femme a déjà des enfants, les travaux ménagers seront une fatigue supplémentaire. Enfin, pour de simples raisons financières, il pourra lui être difficile de suivre un régime alimentaire correct : les régimes à base de viande, poissons et légumes frais sont chers.

Pour toutes ces raisons, les complications au cours de la grossesse (toxémie, anémie) pont plus fréquentes, de même que les accouchements prématurés.

Enfin certaines raisons familiales ou personnelles peuvent inciter une femme à cacher sa grossesse le plus longtemps possible et en conséquence à moins aller aux consultations prénatales. La fréquence des accidents est alors 10 à 15 % supérieure à la moyenne.

• Les maladies associées à la grossesse.

Ces maladies nécessitent une surveillance et parfois des traitements particuliers (diabète, par exemple, ou hypertension artérielle),.

• Les anomalies du bassin.

Elles peuvent être constitutionnelles (par suite d'une malformation du bassin, ou, plus simplement, femmes petites mesurant moins de 1,50 m) ou conséquences d'un accident (fracture du bassin). En effet un bassin anormal peut gêner le déroulement normal de l'accouchement.

Vous voyez, que les causes qui peuvent faire entrer une grossesse dans le groupe des grossesses « à risques » sont diverses. Les risques peuvent s'associer chez une même femme, par exemple une femme de 40 ans attendant son premier enfant après des avortements à répétition ou une longue stérilité. L'appréciation du risque est d'ailleurs difficile et varie selon les équipes médicales. Enfin, une complication peut survenir inopinément au cours d'une grossesse normale qui devient alors une grossesse à risques.