Marquer son autonomie

Ils chipotent dans leur assiette et leurs parents s'énervent, les mères tout particulièrement qui sentent leur traditionnel rôle « nourricier » remis en cause. La tension monte, l'enfant en pleine crise d'opposition en profite pour exercer son pouvoir. C'est une situation qu'il est préférable de ne pas laisser s'installer. À l'époque fusionnelle. l'enfant cherche à satisfaire tous les désirs de sa mère. Lorsque vient le moment de l'autonomie, par le refus, il marque son indépendance. C'est souvent au moment des repas qu'il choisit de le faire. Très vite, la mère a envie de forcer, de se fâcher. Et pourtant, plus elle est anxieuse, plus l'enfant le ressent et son simple manque d'appétit se transforme en malaise. Passer à une autre activité est sans doute la bonne solution. L'anorexie ne se développe pas en sautant un repas !

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Un sujet de conflit

De multiples causes peuvent être à l'origine d'une baisse d'appétit. La plus courante est la consommation de bonbons, gâteaux, boissons sucrées en dehors des repas. Entre aussi en jeu la composition des menus, la monotonie comme trop de nouveautés pouvant rebuter l'enfant. Parfois même, il se met en tête de changer l'ordre des plats, voulant aller du sucré au salé. Il teste la résistance de l'adulte. Si ce dernier le force à manger, il peut aller jusqu'au vomissement. L'émotion est alors à son comble. L'attitude de la mère est par ailleurs très liée à son vécu d'enfant. Elle sera d'autant plus touchée, d'autant plus autoritaire qu'elle-même aura eu des tendances anorexiques dans son adolescence ou qu'elle aura imaginé sa propre mère comme une éducatrice parfaite, à qui, bien sûr, il n'aurait pu arriver de telles difficultés.

Tout en douceur

Pour éviter des situations dramatiques, il convient surtout de ne pas s'obstiner, en tenant compte avant tout de la courbe de poids de l'enfant, et de supprimer les plats qui posent problème, sans les remplacer bien sûr. L'enfant ne sera en rien contraint, il fera son choix et le conflit sera, dans la plupart des cas, désamorcé. Tout peut, d'ailleurs, très vite rentrer dans l'ordre si le père de l'enfant prend les choses en main au moment où apparaît la difficulté. Souvent, l'enfant qui mange mal a un bon poids, il s'agit donc d'un conflit relationnel entre parents et enfant. Mais il faut tenir compte aussi du fait que tous les enfants n'ont pas la même sensibilité au goût. C'est une donnée génétique plus ou moins renforcée par les premières expériences gustatives.
Des expériences faites en crèches par le spécialiste Matty Chiva montrent que certains enfants sont plus « difficiles » que d'autres et que leurs réactions sont liées à leur seuil de perceptibilité plus élevé. Ceux qui ont une sensibilité relativement faible mangent de tout. Au contraire, ceux qui, devant leur assiette, ont tous leurs sens en éveil, sont plus délicats.

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