Tous les sens sollicités

Il les appréhende par le toucher, la vue, l'odeur et parfois même par le son lorsque, entre ses pages, sont dissimulés des petits sifflets ou même des puces électroniques. Le goût a aussi un rôle à jouer, puisque le petit enfant est un « dévoreur » de livres au sens propre du terme. Livre de tissu, livre de plastique, livre coussin-câlin, livre de bois, livre de carton... ils se tâtent tous du bout des doigts, sont vivement colorés, avec des contrastes, des contours, des formes qui attirent l'œil, encourageant les apprentissages. Même l'odorat est sollicité: il fait connaissance avec l'odeur particulière du papier, de la colle et parfois des encres.

Des apprentis lecteurs

Offrir un livre à un bébé, c'est l'autoriser à accéder à un univers différent de celui qui l'entoure, l'élargir vers l'imaginaire ou le réel. L'écrit constitue toujours une prise de distance avec les situations vécues. Mais le donner à un enfant si petit signifie aussi que l'on veut entamer avec lui une relation affective. Pour qu'il l'aime, il faut le feuilleter avec lui, lui lire les images, lui déchiffrer les textes ou broder sur les illustrations. Le livre est important dans le développement de son intelligence parce qu'il symbolise le passage du langage parlé au langage écrit et les enfants qui, plus tard, aiment les livres sont ceux qui ont pris contact avec cet objet si particulier alors qu'ils commençaient à prononcer leurs premiers mots.

Les enfants sont sensibles au rythme du récit qui leur est lu. Il se déroule en séquences courtes ou prolongées qui s'enchaînent. L'écrit stimule l'imaginaire, bien plus captivant pour l'enfant que la réalité aux histoires plates et sans surprises. Les héros des histoires deviennent rapidement des amis qu'il aime retrouver en peluche ou en décor au fond de son assiette. Ils appartiennent à un environnement sécurisant.

Un spectacle en images

Tout est important, le récit comme les illustrations, car un livre c'est aussi un spectacle : le nombre de pages, la page en elle-même avec un espace bien défini où tout est essentiel, la place des textes et des images, la variété des cadrages, les volumes des différentes illustrations. L'enfant joue avec ces pages, s'arrête sur l'une d'elles, revient en arrière, va directement à la dernière. Il survole mais attend pourtant de son lecteur le respect du déroulement de l'histoire. Très vite, il sait que les signes écrits sur les pages sont porteurs de sens. Même si les mots ou les tournures de phrases paraissent parfois difficiles, il est important de les délivrer tels quels pour lui donner le goût de la musique des mots, pour enrichir son vocabulaire et le familiariser avec des formes grammaticales.

Insitez les aussi à jouer avec des jouets d'apprentissage comme les carillons et les jeux comme M. Patate de Playskool.